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 And the film is a sadding bore [R.]

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Lust Welles
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MessageSujet: And the film is a sadding bore [R.]   Mer 14 Jan - 14:04

    Perdue au milieu de la foule, Lust ne se sentait pas plus importante qu'un grain de poussière qui tomberait lentement au sol, invisible à l'oeil nu, sauf si les rayons ingrats du soleil se posait sur elle et la forçait à briller quelques secondes, obligeait les autres à la remarquer, à la regarder quelques secondes jusqu'à ce qu'elle sorte du rayon lumineux, disparaisse à nouveau et soit oubliée. Elle s'était entièrement remise en question à cause des quelques derniers jours écoulés, jours où elle n'avait eu ni nouvelles de celui qui était encore son mari, et période où elle avait commencé à apprivoiser l'idée même d'avoir une capacité extraordinaire : celle de faire bouger les objets. Elle avait continué à se rendre au travail, comme ce jour-ci, mais n'avait pas donné le meilleur d'elle-même et les gens commençait à s'en rendre compte. Elle expliquait cela discrètement à son assistante, sachant très bien que la chaîne des ragots ferait son travail, en disant qu'elle avait quelques petits problèmes de couple. Les gens finiraient bien de toutes façons par deviner que le divorce était imminent. Mais elle, le devinerait-elle ?

    Elle resserra autour de son corps frêle son manteau d'hiver, comme pour se camoufler encore plus, et se glissa entre quelques personnes rangées devant un passage piéton. Son regard parcourut la grande place d'Uphams dans laquelle les bureaux de son entreprise était installés, et elle n'y vit qu'un grand vide, vide qui lui donna un furieuse envie de rentrer chez elle et de disparaître sous ses draps.

    Pour combattre cette sorte de lassitude qui s'installait chaque minute un peu plus dans son esprit, elle songea qu'elle pourrait entrer dans un de ces coffee shop pour commander un café au lait à l'italienne qu'elle ordonnait toujours à ses assistants de commander pour elle. D'ailleurs, un gobelet de cette boisson devait déjà l'attendre, posé sur son bureau, mais visiblement, tout était bon pour retarder son arrivée au bureau. Elle chercha du regard une enseigne connu quand elle vit quelque chose qu'elle ne s'attendait absolument pas à voir.

    Quelqu'un la bouscula alors, pressée de traverser la rue, et elle le perdit de vue. Elle s'avança alors sur la route, s'arrêta entre les deux voies et chercha encore du regard l'ombre qu'elle avait vu, et qui désormais lui faisait l'effet d'un rapide mirage. Mais elle finit par le revoir encore, et alors elle se mit à courir, dans une direction totalement opposée à son bureau, percuta quelques personnes, renversa un attaché-case et finalement traversa une autre rue au feu rouge pour arriver à son niveau.

    « Aaron ? C'est toi ? »

    La personne se retourna, mais ce n'était pas lui. « Oh, je... navrée, j'ai fait une erreur, » s'excusa alors Lust, une expression dépitée sur le visage. Naturellement, elle avait une chance sur mille pour le rencontrer ici. Et elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi elle pensait l'avoir vu, lui, lui entre mille autres.

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Aaron Copperman
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MessageSujet: Re: And the film is a sadding bore [R.]   Mer 14 Jan - 18:23

Il y a des jours où la malchance semble véritablement vous tomber dessus. Des jours qui commencent mal, qui se déroule de la pire manière possible, enchainant déboires et mauvaises nouvelles à un rythme digne d’un film d’action à gros budget, pour finir d’une manière pire que vos mauvais rêves. Autrement dit, une journée sans. Et pour Aaron, cette journée s’annonçait sans, aucun doute possible. Il avait une fois de plus manqué la sonnerie de son réveil après une nuit passée presque sans dormir, n’avait pas eu le temps de prendre son petit déjeuner, avait été prit dans les embouteillages et devait maintenant se rendre en plein milieu d’un des quartiers de la ville qu’il aimait le moins à cause d’un stupide pari avec un de ses collègues. Aller chercher, à pieds s’il vous plait, deux cafés dans le Starbuck’s le plus éloigné de l’hôpital, à savoir celui du quartier des affaires qu’il évitait autant que possible. Tous ses anonymes, copie conforme les uns les autres avec leur costumes trois pièces dernier cri et la même expression austère sur le visage ne lui inspirait aucune sympathie, et il préférait l’atmosphère sympathique des autres quartiers où les gens avaient un prénom. Pas une simple foule dont on oublie le visage des gens sitôt qu’on les dépasse. Il devait probablement présenter un contraste saisissant en raison de sa mine ensommeillée et ses vêtements, dirait t-on, différents. Encore qu’il n’avait aucune honte à avoir, il n’avait simplement pas l’air de se rendre au centième anniversaire de la Déclaration d’Indépendance.

Concentré sur le nom des rues, et marchant à grandes enjambées pour ne pas perdre plus de temps encore, un café dans chaque main, il tentait de retrouver la direction de l’hopital, ce qui n’était pas si simple, tant les rues étaient similaires les unes au autres. Et pas question de demander son chemin, il aurait l’air d’un extraterrestre en visite sur Terre. Ou d’un individu sensé parmi une foule de pantin, tout dépend du point de vue. Avivant le nom de l’artère grouillant de monde, il repéra la direction à prendre, quand il entendit son prénom. Enfin, son prénom, mais il n’était pas celui qu’on appelait, puisqu’il ne connaissait personne ici, et était loin d’être le seul Aaron de la ville. D’un coup d’œil, il vit une jeune femme qui devait avoir sensiblement son âge courir dans la direction opposée, passant à quelques centimètres de lui sans le voir, avant de s’arrêter. Il cilla plusieurs fois, incapable d’esquisser un seul autre mouvement, temps il était étonné. Son manque de sommeil devait assurément entrainer chez lui des hallucinations, puisqu’il était convaincu de l’avoir reconnu.

Décidant de s’en assurer pour en avoir le cœur net, il traversa la rue à sa suite en s’élançant d’un bond dès que le feu passa au vert, et s’arrêta un mètre derrière elle.
« Lust ? »

Il avait prononcé son nom presque à voix basse. Si c’était elle, elle se retournera. Sinon, il continuerait sa route. Statistiquement, ce n’était pas possible que ce soit elle. Ou alors, ils avaient autant de chances de se revoir qu’un aphone de devenir ténor d’opéra. En définitive, pas beaucoup. Pourtant, il était convaincu que c’était elle. Il devait sérieusement manquer de café.
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Lust Welles
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MessageSujet: Re: And the film is a sadding bore [R.]   Ven 16 Jan - 13:41

    On peut dire qu'elle s'était interdit de penser à lui, sachant trop bien les risques que cela entraînait. Doutes, angoisses, peurs, voilà les sentiments qui venaient à elle chaque fois que l'image d'Aaron lui venait en tête, de même que les souvenirs de cet incroyable été en Europe. Lust était issue d'une famille de classe moyenne et elle ne devait son succès qu'à sa détermination et un travail assidu. Sa position actuelle dans la société de pub dans laquelle elle bossait depuis peu, son bel appartement, son assurance-vie, et même son mariage avaient été des choses dont elle avait rêvé et qu'elle savait avoir mérité. Tout ce confort, aujourd'hui, était ce qu'elle avait toujours cherché ; penser à Aaron lui faisait simplement se demander si c'était ce dont elle avait besoin. Et étrangement, à chaque fois que son mariage battait de l'aile, elle se surprenait à taper le nom d'Aaron sur Google, histoire de savoir. Puis elle fermait la fenêtre, honteuse, ridicule.

    Et alors quand elle avait cru le voir ainsi dans la rue, le fait que son premier réflexe fut de courir à sa rencontre... c'était plus qu'évocateur, n'est-ce pas ? Depuis tout ce temps, il trottait toujours dans sa tête, réapparaissant chaque fois qu'elle le pensait disparu, simplement camouflé par tout le vernis qu'elle posait sur chaque aspect de sa vie et qui se craquelait parfois sous le poids du vide qui aspirait tout.

    Brusquement elle se tendit, croyant encore une fois être la victime d'une illusion, mais le son de cette voix avait été comme un pincement dans un rêve ; il était réel. Lust se retourna et, dans la même fulgurance qui l'avait submergée quelques années plus tôt, se mit à voir soudain plus clair.

    « Aaron. »

    Sa voix, tremblante, secouée par les mêmes exacts sentiments datant du premier regard qu'ils avaient échangé, était sortie de sa gorge dans un murmure qui se lisait sur ses lèvres. Elle laissa le silence s'installer entre eux, recouvrir tous les bruits de la ville autour d'eux, étouffer les mouvements frénétiques qui les entouraient, et de son regard caressa l'ensemble des souvenirs, regrets et espoirs que la personne d'Aaron incarnait. Des années peut-être s'étaient écoulées ; en une poignée de seconde elles avaient pris autant de valeur qu'un vieux roman-photo.

    « Ça alors, » fit-elle simplement, comme s'il était évident qu'ils se revoient aujourd'hui, « ça fait un bail. »

    Oui, un sacré bail. Un long bout de temps durant lequel elle n'avait réussi qu'à faire un mariage raté et se faire embaucher dans une grosse boite qui vendait du vent aux gens. Des années qui venaient de filer comme un courant d'air, qui pesaient beaucoup moins que cet été passé à sillonner le sud de l'Europe avec lui.

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MessageSujet: Re: And the film is a sadding bore [R.]   Dim 18 Jan - 14:25

Par principe, Aaron ne croyait pas aux coïncidences, ni au hasard. Il était convaincu qu’il y avait une raison, un but à chaque action, à chaque moment. S’il en était où il en était maintenant, ce n’était grâce à des rencontres, des coups de chances ou un concours de circonstances favorables qui l’aurait favorisé aléatoirement lui plutôt qu’un autre. Il étai convaincu que c’était à force de volonté qu’on arrivait à ses fins, et si quelque chose arrivait, c’était qu’il y avait une raison. S’il avait adressé la paroles à Lust cette soirée de juillet dans une rue de Londres, c’était qu’il y avait une raison. S’ils avaient parcourus la moitié de l’Europe ensemble sans même se connaitre, c’était qu’il y avait une raison. Si ils s’étaient séparés sans même avoir échangé adresse et numéro de téléphone, c’était qu’il y avait une raison. Et si ils se retrouvaient aujourd’hui, dans une rue bondée de Boston au petit matin, c’était aussi qu’il y avait une raison. Parce qu’il ne s’était pas trompé. C’était bien elle qui lui faisait face, le regardant comme si elle doutait de la réalité de la situation. Lui-même avait du mal à y croire, et s’attendait presque à se réveiller. Pourtant, il savait que c’était vrai, réel. Et quoi qu’on puisse en dire, cela ne pouvait être une coïncidence.

« Un peu plus de 7 ans … Ou un peu moins de 8, tout dépend du point de vue. »

Le temps avait passé tellement vite depuis qu’ils étaient rentrés en Amérique, chacun dans leur avion en se remémorant des souvenirs que peut de personnes peuvent se vanter d’avoir vécu. Et pourtant, il n’avait pas oublié. Il se rappelait parfaitement d’elle, de ce qu’ils avaient fait. De ce qu’il avait éprouvé quand il l’avait vu. Quand ils s’étaient séparés. Mais il n’avait jamais parlé à qui que ce soit de cette été de sa vie. C’était un souvenir trop précieux pour le partager avec quelqu’un, et s’en rappeler l’empêchait parfois de commettre des actes encore plus stupides que ceux qu’il avait déjà réalisé. Il valait mieux que ça, la preuve, elle avait accepté de passé du temps avec lui, cet été là.

Mais pour le moment, un café dans chaque main et les yeux fixés sur la jeune femme, Aaron ne savait pas quoi dire. Il y avait des millions de choses qu’il aurait pu lui demander, mais il ne voyait pas clairement comment aborder le sujet. Il n’allait sûrement pas mener une conversation bancale dans une rue grouillant de monde, où les klaxons vous empêchaient d’entendre la moitié des mots. Ce n’était même pas envisageable. Mais il se voyait encore moins tourner les talons et laisser passer encore huit autres années.


« Je n’aurais jamais cru qu’on se reverrait un jour. » Il s’arrêta, puis se sentit obligé de préciser. « Pas que je ne veille pas … Enfin, tu comprend. »

Voilà qu’il s’embrouillait. Encore. Il se contenta de sourire, en détaillant son visage. Elle avait changé, mais pourtant c’était bien elle. Elle qui avait compté plus qu’il n’avait bien voulu l’admettre. Qu’il ne lui avait jamais dit. Il ouvrit la bouche pour ajouter quelque chose, quand son téléphone se mit à sonner. Marmonnant un excuse, il coinça le café contre son coude, et jeta un coup d’œil à l’écran. Evidemment. Il soupira, puis regarda de nouveau Lust. Il aurait voulu envoyer son travail au diable rien que pour passer un quart d’heure avec elle. Parce que la revoir ravivait des émotions qu’il avait cru disparues à jamais.
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MessageSujet: Re: And the film is a sadding bore [R.]   Mar 20 Jan - 12:42

    C'était tellement étrange. Voir dans une même personne l'accumulation des souvenirs que l'on a d'elle et ce qu'elle est devenue. Lorsque Lust posait son regard sur Aaron elle voyait aussi bien l'inconnu qu'elle avait rencontré ce jour étrangement chaud d'été lors de ses vacances à Londres, l'ami ensuite qui lui avait proposé de l'accompagner lors ce petit tour d'Europe, et ensuite celui dont elle était progressivement tombée amoureuse, en silence, en filigrane de leur relation sans lendemain, de cet romance qui n'était faite pour durer qu'un été mais dont le souvenir durerait toujours. Et maintenant, voilà qu'elle pouvait aussi voir ce qu'il était devenu, l'homme qui avait grandi à partir du jeune homme qu'elle avait connu, la réalité qu'il fallait qu'elle compare avec ce qu'elle avait imaginé pour lui...

    Elle baissa les yeux et sourit. La raison pour laquelle ils avaient décidé de ne pas donner un lendemain à leur histoire lui paraissait un peu obscure maintenant, moins logique alors qu'elle avait semblé si évidente à l'époque. Ils n'avaient pas encore commencé leurs études et ils ne pouvaient pas s'enfermer dans quelque chose d'aussi restreignant qu'une relation amoureuse exclusive. Cela aurait été comme limiter leurs possibilités... Mais maintenant, qu'étaient-ils devenus ? Le résultat pour Lust n'était pas très brillant : jeune divorcée, dont l'assiduité au travail avait certainement contribué à détruire son mariage. Et puis, il y avait cette histoire de pouvoir, don, capacité, peu importait son nom, c'était une différence.

    « Oui... » murmura-t-elle simplement, cela faisait tellement longtemps qu'il ne servait à rien de pinailler pour quelques mois... C'était juste... comme du temps perdu.

    Avec un sourire elle hocha de la tête. Elle non plus n'avait jamais pensé revoir Aaron un jour, malgré le fait qu'ils vivent dans la même ville, leur destin semblaient opposés à l'époque et il était peu probable qu'ils soient jamais amenés à se revoir. Sauf comme cela, par hasard...

    Elle releva les yeux vers lui et répondit à son sourire, ne sachant trop que dire, comment résumer sept ans de sa vie, surtout lorsqu'ils semblent soudain n'avoir jamais vraiment signifié quelque chose ? Instinctivement elle se mit physiquement en retrait lorsqu'une sonnerie de téléphone se fit entendre et qu'elle comprit qu'elle visait à rappeler Aaron à l'ordre. Le sien, après tout, avait tout autant de risques de sonner si elle restait encore quelques minutes avec lui.

    « Tu dois peut-être y aller, je ne vais pas te retenir plus longtemps... » murmura-t-elle légèrement avec regrets, mais aussi avec résignation. Réajustant la bride de son sac sur son épaule, elle fit un pas en arrière, sentant que la conversation, même si elle avait été certainement moins riche que les regards qu'ils avaient échangé en parallèle, touchait bientôt à sa fin. « C'est... ça a été une bonne surprise. Te revoir. »

    « Tu... veux qu'on aille boire un café un jour ? Pour rattraper le temps perdu ? » ajouta-t-elle finalement après un silence où elle réalisa qu'elle ne pouvait pas partir ainsi, commettre la même stupidité qu'elle avait faite il y a un peu plus de sept ans ou un peu moins de huit mois. « Ou même, si tu es libre, bien sûr, un dîner, enfin... » sa voix s'éteignit dans un nuage d'embarras et de timidité.

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MessageSujet: Re: And the film is a sadding bore [R.]   Mar 20 Jan - 22:18

Parfois, les mots ne signifiaient pas grand-chose. Parfois, c’était tout les petites choses qui les accompagnaient qui importaient réellement. Peu importe la teneur du discours quand un sourire, un regard, une attitude impliquent bien plus que quelques paroles échangées sur le ton de la conversation. Car ici, au beau milieu d’une rue, ils ne pouvaient décemment pas mener une conversation digne de ce nom. Parce que ce serait gâcher des retrouvailles plus qu’inattendues, inespérées. Les souvenirs qu’ils avaient l’un de l’autre n’étaient pas de ceux que l’ont évoquaient en face d’une vitrine rutilante dans l’atmosphère des suits and ties du centre économique. Aaron savait pertinemment que cet instant touchait à sa fin au moment même où son téléphone, qu’il aurait volontiers offert au premier venu, avait sonné. Et elle l’avait comprit aussi bien que lui. Laissant tomber le mobile au fond de sa poche sans se préoccuper de l’urgence de la paperasse, il rencontra de nouveau de le regard de le jeune femme. Décidemment, il n’aurait jamais cru la revoir. Ni se rendre compte à quel point il avait changé depuis l’époque où ils avaient vécu, à bien des égards, à été idyllique. Il n’était plus le même. Il avait perdu sa foi dans le monde, son idéalisme. L’espoir qu’on peut ressentir lorsqu’on est jeune, en compagnie de la personne qu’on aime dans un pays étranger vous fait parfois croire que rien ne peut vous résister. Et si sa vie professionnelle est un franc succès, le reste l’est beaucoup moins. Peut être parce que lorsqu’on a connu le meilleur, il est difficile de se contenter du mieux.

« Techniquement je n’étais même pas sensé venir par ici. Alors un peu plus ou un peu moins. » Il sourit, puis haussa les épaules avec un léger soupir: ses responsabilités étaient trop importantes pour qu’il ne puisse s’accorder le luxe de remettre en cause le planning ô combien compliqué de l’hôpital. « Mais je vais effectivement devoir me dépêcher, sinon je risque de passer un très mauvais quart d’heure ! »

D’un coup d’œil, il consulta sa montre. En retard. Au diable l’heure. Il sourit à son tour, hochant la tête. « C’est réciproque. Vraiment. » Leurs mots étaient peut être clichés, mais sincères. C’était une rencontre des plus inattendues, de celles dont on rêve sans qu’elles se réalise. Mais c’était une scène de film, lorsque ceux qui c’étaient perdus de vue se retrouvent. Alors leurs mots étaient également clichés.

« Un diner serait parfait. Il faudra au moins ça pour rattraper toutes ces années, mais les chances qu’on y parviennent soient plutôt minces. » Il lui tendit un des cafés pour sortir une carte de visite de sa poche : on l’obligeait à en avoir constamment sur lui, à cause des patients parait t-il. De l’esbroufe. Il avait choisit de réaliser la sienne avec seulement son nom et son numéro de téléphone, sans les titres et distinctions pompeux dont ses collègues s’affublaient eux même. « Choisis le soir, demain ou dans trois semaine, c’est comme tu veux, la plupart du temps je suis libre, et sinon je peux toujours m’arranger. Quitte à faire croire à une grippe. Mais je ne manquerai ça pour rien au monde.»

Un sourire ravi à la perspective de berner ses collègues apparut sur son visage, mais disparut vite quand son portable vibra de nouveau. Il y en avait un qui allait vraiment avoir de ses nouvelles. Un long soupir s’échappa de ses lèvres, sont regard toujours rivés dans celui de Lust. Dieu qu’il avait envie de continuer à lui parler, échanger ce qu’ils avaient vécus, raviver des souvenirs profondément enfouis au fond d’eux. Combler le manque réel qu’ils avaient ressentit l’un de l’autre. A partir du moment où ils avaient chacun prit un terminal différent à l’aéroport de Rome.

« Je dois vraiment partir »
Il en était désolé, vraiment. Il aurait voulu prolonger ce moment aussi longtemps que possible, mais ne le pouvait pas. C’était impossible. Comme ce qu’ils ressentaient l’été de leurs 18 ans n’étaient pas raisonnablement possible. Pas à pas il recula, sans cesser de la regarder. Puis, avec un léger sourire, il lâcha: «  Et considère le café comme un cadeau, gage de ma bonne fois ! »

Lorsqu’il continua sa route, il souriait comme s’il venait de vivre l’évènement le plus heureux de sa vie.
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MessageSujet: Re: And the film is a sadding bore [R.]   Mer 21 Jan - 13:41

    Ce n'était pas un commentaire qu'elle voulait désagréable qu'elle se fit à elle-même, mais Aaron n'appartenait pas à ce quartier de Boston. Elle, si. Ces buildings, ces gens, ces embouteillages, ces taxis qui surgissaient de chaque coins de rue en ayant l'air de dépasser toutes les limites de vitesse existantes, ils étaient électriques, comme elle. Chaque sursaut économique ressemblait aux sautes d'humeur qu'elle pouvait avoir, chaque échec commercial résonnait comme une de ses colères qui faisaient si peur à ses assistantes. Aaron apparaissait si sobre, si calme ici.

    Et pourtant... Il avait changé plus qu'il ne l'aurait voulu, elle aurait pu le dire. Son regard fier et décidé était à peine plus terne, mais il se tenait plus droit, plus rigide, comme si les responsabilités qu'il avait toujours fuit sans jamais le dire ainsi venaient de le rattraper et de l'enserrer dans leur filet. Mais elle savait, qu'au fond, il gardait les mêmes convictions. C'était simplement le cours de la vie que l'on pouvait difficilement changer. Et elle savait qu'il venait de s'en rendre compte au moment même où il l'avait vue, elle, différente mais toujours un peu la même, appartenir à ces rues auxquelles elle était prédestinées.

    « Qui sait... »

    Avec un geste automatique elle prit le gobelet qu'il lui tendait et le regarda avec curiosité fouiller dans ses poches pour sortir un petit bout de carton blanc qu'il lui tendit. 'Aaron Copperman.' Elle la glissa dans son sac et leva un regard amusé à son encontre. Quelle heureuse coïncidence. Pendant un temps elle avait eu l'impression que sa vie n'était pas aussi nulle que cela. Comme l'on mesure plus volontiers la côte de popularité des gens selon la qualité de leurs connaissances plutôt qu'au nombre de leurs vrais amis, la côte de réussite de sa vie venait de prendre un sacré coup de boost. Elle l'améliorerait peut-être en faisant de nouveau entrer Aaron dans sa vie et ne plus l'en laisser sortir.

    « Attend mon coup de fil. »

    Elle lui fit un petit signe de la main alors qu'il s'éloignait d'elle, attendrie par ce comportement qui avait toujours eu le don de la faire rire lorsqu'ils étaient plus proches. Les battements frénétiques de son coeur, lorsqu'elle avait cru le voir passer pour la première fois, s'étaient changés en battements calmes et réguliers, certains, comme s'il n'y avait rien dont il fallait qu'elle se soucie. Son divorce, son pouvoir, si elle faisait appel à la philosophie qu'il avait tant bien que mal essayé de lui apprendre il y a sept ans, étaient dérisoires. Peu de choses, au fond, comptent vraiment.

    Il comptait certainement.

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